Face à l’intensification des pressions climatiques, environnementales et socio-économiques, la gestion concertée des ressources en eau transfrontalières s’impose comme un enjeu stratégique pour la résilience et le développement durable des régions sahélo-saharienne. Le bassin du fleuve Niger et le système aquifère d’Iullemeden–Taoudéni/Tanezrouft (ITTAS) illustrent pleinement cette interdépendance hydrique, écologique et humaine entre les États.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet régional « Améliorer la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), la gestion et la gouvernance fondées sur la connaissance du bassin du Niger et du Système aquifère d’Iullemeden–Taoudéni/Tanezrouft - NB-ITTAS », coordonné par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) et financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF) à travers ses agences de mise en œuvre, le PNUE et le PNUD. Le projet vise à renforcer la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et une gouvernance fondée sur la connaissance scientifique, au service d’une coopération régionale durable. Après sept années de mise en œuvre, il a atteint une étape clé en consolidant une base scientifique partagée, essentielle à la gestion intégrée des ressources en eau, à la gouvernance transfrontalière et à une prise de décision concertée.
Des acquis structurants au service d’un dialogue entre États
Le processus ADT/PAS engagé lors de la première phase du projet NB-ITTAS a permis d’approfondir de manière significative la compréhension des dynamiques hydrologiques, des pressions et des risques affectant les eaux de surface et souterraines du bassin du Niger et du système aquifère ITTAS. En s’appuyant sur un diagnostic partagé et scientifiquement étayé, ce processus a ouvert la voie à une approche concertée de la gestion durable et intégrée des ressources en eau, prenant pleinement en compte les interactions avec les écosystèmes et les usages socioéconomiques. Dans ce cadre, le mécanisme de concertation NB-ITTAS constitue un levier central pour renforcer le dialogue politique et technique entre les pays, contribuant à l’émergence d’une gouvernance partagée, cohérente et anticipative des ressources en eau transfrontalières.
Une mobilisation diplomatique au cœur de la dynamique régionale
La clôture de la première phase du projet, marquée par un atelier régional qui se tient les 29 et 30 janvier 2026, s’inscrit dans une dynamique de concertation régionale réunissant des représentants des institutions nationales et régionales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des missions diplomatiques des pays concernés.
Aux côtés de M. Bachir Tanimoun, représentant de l’Autorité du Bassin du Niger, de M. Aurélien Dumont, représentant de l’UNESCO, de Mme Kaisa Uusimaa, représentante du PNUE et de S.E. Mme Gertrudis Nsang Ndong Nsuga, Ambassadrice de la Guinée Equatoriale à Tunis et Doyenne du groupe des Ambassadeurs africains en Tunisie, M. Nabil BEN KHATRA, Secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, a ouvert les travaux de l’atelier et les échanges qui ont mis en évidence le rôle central du dialogue politique et diplomatique, de la solidarité régionale et de la continuité des engagements dans la consolidation d’une gestion concertée, équitable et durable des ressources en eau transfrontalières.
Vers une deuxième phase axée sur l’opérationnalisation et l’impact
Au-delà du bilan, les échanges ont permis de poser les jalons d’une potentielle deuxième phase du projet NB-ITTAS, conçue comme une étape de consolidation et d’amplification des acquis. Cette phase viserait à renforcer l’appropriation institutionnelle des outils développés, à soutenir leur intégration dans les politiques nationales et régionales, et à accroître l’impact concret des actions sur le terrain.
En s’appuyant sur une connaissance partagée, des mécanismes de concertation éprouvés et un engagement diplomatique renouvelé, NB-ITTAS 2 ambitionnerait de contribuer durablement à une gouvernance équitable et résiliente des ressources en eau transfrontalières, au bénéfice des populations et des écosystèmes.