27e Session du Comité d’Orientation Stratégique de l’OSS, Tunis, 28 janvier 2025
Tenue le 28 janvier 2025 à Tunis, la 27e session du Comité d’…
Après les interventions menées au Bénin et au Niger en juin 2026, le projet AdaptWAP a franchi une nouvelle étape au Burkina Faso, entre fin septembre et début octobre, avec le renforcement des équipements d’observation hydrométéorologique. Coordonnée par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), avec le financement du Fonds pour l’Adaptation, cette initiative régionale contribue à améliorer la surveillance des risques climatiques et à consolider les capacités nationales d’alerte précoce. Un investissement essentiel pour mieux anticiper les inondations, les sécheresses et les feux de végétation, et renforcer la résilience des populations et des écosystèmes du Complexe W-Arly-Pendjari (WAP).
Un réseau d’observation renforcé à l’échelle du Complexe WAP
Espace naturel transfrontalier partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, le Complexe W-Arly-Pendjari abrite une biodiversité remarquable et fournit des ressources essentielles aux communautés riveraines. Confronté aux effets du changement climatique et à des pressions anthropiques croissantes, ce territoire nécessite des dispositifs de surveillance et d’anticipation adaptés aux risques qui menacent ses populations, ses activités économiques et ses écosystèmes.
Pour répondre à ces enjeux, l’OSS accompagne, à travers le projet AdaptWAP, la consolidation du Système d’Alerte Précoce Multirisques (SAP-MR), officiellement lancé à Cotonou en mai 2024. L’efficacité de ce dispositif repose notamment sur la disponibilité de données météorologiques et hydrologiques fiables, permettant de mieux suivre l’évolution des conditions climatiques et d’anticiper les phénomènes extrêmes.
Dans cette perspective, plusieurs opérations de renforcement des réseaux nationaux d’observation ont été conduites en 2026. Au Bénin, quatre stations météorologiques automatiques et deux stations hydrométriques ont été installées dans des zones stratégiques. Au Niger, de nouveaux équipements météorologiques et pluviométriques sont venus compléter les capacités nationales de suivi des précipitations. Cette dynamique s’est poursuivie au Burkina Faso, avec l’installation d’équipements hydrométriques et météorologiques sur plusieurs sites, notamment dans les zones de Manga, Koudougou, Ziniaré et Tenkodogo.
Ces interventions ne se limitent pas à l’installation des équipements. Elles comprennent également leur configuration, leur calibrage, les tests de validation technique et les dispositions nécessaires à leur protection. Des actions de sensibilisation ont par ailleurs été menées auprès des communautés locales afin de favoriser la préservation des installations.
En renforçant la couverture du réseau d’observation dans les trois pays, ces opérations contribuent à améliorer la disponibilité des informations nécessaires au fonctionnement du SAP-MR et à poser les bases d’une surveillance plus intégrée des risques climatiques à l’échelle du Complexe WAP.
Une coopération régionale pour améliorer la performance du SAP-MR
Au-delà des avancées techniques, cette initiative illustre l’importance de la coopération régionale dans la prévention des risques climatiques transfrontaliers.
Sous la coordination de l’OSS, les interventions sont mises en œuvre en étroite collaboration avec le Centre Régional AGRHYMET, les services météorologiques et hydrologiques nationaux, les structures chargées de la gestion des aires protégées et les unités nationales de gestion du projet.
Cette approche concertée permet de répondre aux besoins spécifiques des pays tout en favorisant la cohérence du dispositif régional. Elle facilite notamment l’intégration des nouveaux équipements aux réseaux nationaux et aux mécanismes de collecte et d’exploitation des données du SAP-MR.
Elle contribue également au renforcement des compétences des institutions partenaires, appelées à assurer le suivi des installations, le contrôle de la qualité des données et leur utilisation dans les processus de prévision et d’alerte.
La valeur ajoutée de l’action de l’OSS réside ainsi dans sa capacité à articuler les interventions nationales autour d’un objectif régional commun : disposer d’informations hydrométéorologiques plus fiables et mieux partagées pour soutenir une prise de décision anticipée et coordonnée.
Pérenniser les acquis pour renforcer la résilience climatique
Le renforcement des réseaux d’observation représente une avancée importante, mais sa portée dépendra de la capacité des institutions nationales à assurer durablement l’exploitation des équipements et la valorisation des données produites.
À l’approche de la clôture du projet AdaptWAP, l’enjeu est donc de consolider les acquis, de renforcer les mécanismes de maintenance et de garantir l’intégration effective des informations collectées dans les dispositifs nationaux et régionaux de prévention des risques.
Une meilleure connaissance des précipitations, des niveaux d’eau et des conditions météorologiques doit permettre d’améliorer la détection des événements extrêmes, d’éclairer les décisions des autorités compétentes et de soutenir les mesures de protection des populations et des écosystèmes. En associant technologies d’observation, renforcement des capacités et coopération institutionnelle, AdaptWAP contribue ainsi à mettre en place les conditions d’un système d’alerte précoce plus performant et durable.
Au-delà des équipements déployés, cette nouvelle étape consolide les fondements d’une capacité régionale d’anticipation des risques climatiques. À travers cette démarche, l’OSS réaffirme son engagement à transformer les données et les connaissances scientifiques en outils opérationnels d’aide à la décision, au service de la résilience des territoires et des communautés du Complexe W-Arly-Pendjari.
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