Biodiversité : l’OSS, pivot de la coopération scientifique africaine

Nairobi, Kenya | 31 juillet – 7 août 2026

Renforcer la coopération scientifique et technique entre les pays africains constitue un levier essentiel pour accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Dans cette dynamique, l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) consolide son rôle d’interface entre expertise scientifique, besoins des pays et mécanismes internationaux d’appui.

L’OSS a pris part aux réunions de la Convention sur la diversité biologique (CDB), organisées au siège du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), à Nairobi. Ces rencontres ont réuni des représentants des Parties, des organisations régionales, des institutions internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers autour des priorités de mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité.

Représenté par Mme Abir Ben Romdhane, M. Steve Muhanji et M. Robert Onyango, l’OSS a contribué aux échanges consacrés au renforcement des capacités, au suivi de la biodiversité, à la collecte et à la gestion des données ainsi qu’à l’intégration de la biodiversité dans les politiques nationales et sectorielles. Une attention particulière a été portée aux besoins des pays d’Afrique du Nord et de la Corne de l’Afrique.

Une capacité à construire pour les pays 
En sa qualité de Centre d’Appui à la Coopération Technique et Scientifique (TSCC) pour l’Afrique du Nord, l’OSS joue un rôle stratégique dans l’accompagnement des pays. Son expertise en matière de reporting, d’identification des besoins en capacités et de mobilisation des connaissances lui permet de contribuer à une meilleure articulation entre science, décision publique et action de terrain.

Les échanges ont mis en évidence un enjeu central : la mise en œuvre effective des engagements internationaux dépend fortement de la capacité des pays à disposer des compétences, des données, des dispositifs de suivi et de l’expertise nécessaires. Les engagements internationaux en matière de biodiversité ne peuvent produire des résultats durables sans capacités nationales solides, données fiables et accès à une expertise adaptée aux réalités des pays.

Construire une coopération africaine fondée sur la complémentarité
La dimension africaine de cette coopération a été particulièrement mise en avant lors du side-event « From Cooperation to Implementation: How African TSCCs Are Accelerating GBF Delivery », coorganisé par l’OSS avec la COMIFAC, le CSE, le RCMRD et le SANBI.

Réunissant les cinq Centres africains d’Appui à la Coopération Technique et Scientifique, cette session a permis de valoriser la complémentarité des expertises disponibles sur le continent. Les discussions ont porté sur le partage des connaissances, le renforcement des capacités, l’appui scientifique et technique, le suivi de la biodiversité et l’élaboration des rapports nationaux.

Les échanges ont également souligné la nécessité d’une coordination renforcée entre les TSCC africains afin de faciliter les échanges entre pairs, mutualiser les compétences et proposer une assistance technique davantage alignée sur les priorités exprimées par les pays.

L’OSS a par ailleurs mis en avant ses expériences de coopération avec le PNUE dans l’accompagnement des pays pour la mise en œuvre des instruments liés à la biodiversité. Ces initiatives confirment l’importance d’un soutien de proximité, tenant compte des contextes nationaux et des capacités institutionnelles existantes.

Les discussions avec le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF) et le PNUE ont également permis d’aborder les perspectives d’une meilleure prise en compte des priorités de l’Afrique du Nord dans les mécanismes internationaux de financement. Les opportunités liées au GEF-9 et aux autres instruments d’appui au Cadre mondial pour la biodiversité peuvent contribuer à renforcer la préparation des pays, leur accès à l’expertise et le développement de nouvelles initiatives régionales.

L’approche intégrée des Trois Convention de Rio
Le renforcement de la coopération technique et scientifique prend également tout son sens lorsqu’il permet de dépasser les approches sectorielles. Les défis liés à la biodiversité sont étroitement associés au changement climatique et à la dégradation des terres. Pour l’OSS, leur traitement appelle donc une meilleure articulation entre les différents cadres d’intervention environnementale.

Cette démarche s’inscrit dans l’approche intégrée portée par l’OSS autour des trois Conventions de Rio. Les enjeux de biodiversité, de changement climatique et de dégradation des terres sont étroitement liés et nécessitent des réponses coordonnées capables de générer des co-bénéfices environnementaux, sociaux et économiques.

À travers son rôle de TSCC pour l’Afrique du Nord et sa coopération avec les autres centres africains, l’OSS affirme ainsi son positionnement de pivot entre expertise régionale, priorités nationales et coopération continentale. Son action contribue à rapprocher la connaissance scientifique des besoins des pays et à faire de la coopération technique un instrument concret de mise en œuvre des engagements en faveur de la biodiversité en Afrique.

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