Le Caire accueille la 33e session du Conseil d'Administration de l'OSS : un cap stratégique réaffirmé pour l'Afrique

Le Caire, 27 avril 2026

L'Observatoire du Sahara et du Sahel a tenu au Caire, à l'invitation de la République arabe d'Égypte, la 33e session de son Conseil d'Administration. Pays et organisations membres y ont validé un nouveau cap stratégique pour l'Organisation. Trois priorités ont structuré les débats : renforcer la résilience institutionnelle, consolider la gouvernance et mobiliser les acteurs face à la pression croissante sur les ressources naturelles du continent.

La session a été ouverte par S.E. M. Alaaeldin Farouk Zaki Elsayed, Ministre de l'Agriculture et de la Restauration des Terres de l'Égypte et Président de l'OSS, en présence de S.E. M. Hani Sewilam, Ministre de l'Eau et de l'Irrigation. Tous deux ont salué le rôle pivot de l'Organisation dans la réponse africaine aux défis climatiques.

Dans une allocution saluée pour sa lucidité, le Secrétaire Exécutif de l'OSS, M. Nabil Ben Khatra, a placé les travaux dans le contexte d'une « configuration internationale » dont la complexité engage directement les choix institutionnels de l'Organisation. Il a évoqué la contraction des financements publics du développement, le redéploiement des priorités des partenaires traditionnels et l'incertitude qui pèse sur les engagements multilatéraux, autant de facteurs qui imposent à l'OSS « l'exigence de protéger ce qui a été construit, tout en ajustant nos modes d'intervention avec la lucidité que réclame le moment ». Il a néanmoins qualifié de « solide, structurée et fidèle au mandat des États membres » l'action conduite par l'Organisation au cours de l'exercice écoulé.

La rencontre a réuni un parterre ministériel à la hauteur de l'enjeu. S.E. M. Habib Abid, Ministre de l'Environnement de la Tunisie, S.E. M. Hassan Bakhit Djamous, Ministre de l'Environnement, de la Pêche et du Développement Durable du Tchad, et S.E. M. Sam Cheptoris, Ministre de l'Eau et de l'Environnement de l'Ouganda, ont successivement pris la parole pour réaffirmer l'attachement de leurs gouvernements à une coopération africaine renforcée. À leurs côtés, S.E. M. Mustapha Garba, Secrétaire Exécutif de l'Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), a souligné la convergence des agendas entre les deux institutions et la nécessité d'unir leurs forces dans la lutte contre la désertification.

Une année 2025 inscrite dans une séquence internationale décisive
L'année écoulée a été marquée par une convergence croissante des agendas climat, biodiversité et désertification, dans laquelle l'OSS a tenu son rôle d'interface entre science, politiques publiques et action de terrain. L'Organisation a contribué aux réflexions stratégiques sur la gestion durable des terres et de l'eau, les solutions fondées sur la nature et l'adaptation au changement climatique, en capitalisant notamment sur les apports de l'observation de la Terre et de l'Intelligence Artificielle.

À cette dynamique scientifique s'ajoute une reconnaissance institutionnelle forte : l'élection de l'OSS à la présidence du Réseau africain des organismes de bassin, qui confirme sa capacité à porter la diplomatie de l'eau sur le continent et ouvre des perspectives importantes en matière de gestion transfrontalière et de coopération régionale.

Des décisions structurantes pour l'avenir de l'Organisation
Trois grandes lignes de force se dégagent des résolutions adoptées.
D'abord, l'approbation des rapports techniques et financiers de l'exercice 2025. Le Conseil a validé un bilan d'activités marqué par une intensification notable des actions de l'OSS, notamment dans le suivi de la dégradation des terres, les systèmes d'alerte précoce, l'adaptation au changement climatique et la gestion durable de l'eau. Les états financiers, examinés à la lumière du rapport du Commissaire aux comptes, ont été approuvés sans réserve, confirmant la rigueur et la transparence de la gestion.

Ensuite, l'ancrage des politiques de bonne gouvernance et d'intégrité au cœur du fonctionnement institutionnel. Les membres du Conseil ont insisté sur la nécessité de hisser l'OSS aux meilleurs standards internationaux en matière d'éthique, de redevabilité et de prévention des risques, en cohérence avec les exigences des bailleurs internationaux, notamment les fonds pour le climat.

Enfin, la mise en place de comités et d'unités dédiés à la conformité, au contrôle interne et au suivi stratégique. Ces nouveaux organes auront pour mission de veiller à l'application effective des règles, d'accompagner les équipes opérationnelles et de garantir un pilotage transparent de l'activité.

Préserver le socle, anticiper les défis
Dans son allocution, M. Ben Khatra a appelé le Conseil à porter une attention particulière à plusieurs défis structurants. Le premier concerne le financement durable des missions fondamentales de l'Organisation — veille, prospective, production de connaissances, capitalisation et plaidoyer — qui constituent, selon ses mots, « le socle même de notre valeur ajoutée » mais demeurent, par nature, les plus difficiles à financer dans le cadre de projets. Une réflexion approfondie sur le modèle économique de l'OSS s'impose, dans un environnement où les ressources se raréfient.

Le second défi touche aux ressources humaines, présentées comme « la première richesse » de l'Organisation. La capacité à attirer, mobiliser et fidéliser des compétences de haut niveau s'impose comme un enjeu stratégique majeur, qui engage à terme la qualité du service rendu aux États membres. C'est dans cette perspective que s'inscrit l'évolution de plusieurs textes statutaires et l'adoption de la nouvelle politique salariale, validées lors de la session.

Un budget 2026 ambitieux et une session 2026 au Kenya
Le Conseil a également adopté le programme d'activités et le budget 2026, dans une volonté affichée d'élargir les champs d'intervention de l'OSS et de tisser de nouveaux partenariats stratégiques. Le cycle éditorial de l'Organisation se poursuivra, avec notamment le lancement prochain d'un ouvrage consacré au climat en Afrique, destiné à nourrir plus directement la décision publique et à renforcer la place des pays membres dans les débats internationaux.

Au terme des travaux, la proposition du Kenya d'accueillir la 34e session du Conseil d'Administration a été chaleureusement saluée. Date et modalités seront arrêtées en concertation avec les États membres.

Cette session du Caire confirme une chose : l'OSS entend désormais s'imposer non seulement comme un acteur scientifique et technique, mais comme une institution exemplaire dans sa gouvernance, fédératrice dans son action, et résolument tournée vers l'avenir du continent africain.