Réunie le 8 avril 2026 au Ministère de l’Environnement, la première réunion du comité de pilotage consacrée à l’élaboration du premier rapport national sur la mise en œuvre du Protocole de Nagoya en Tunisie marque le lancement d’un processus structurant centré sur le suivi des engagements du pays en matière de biodiversité, avec un accent particulier sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages qui en découlent. Organisée par la Direction Générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, en sa qualité de structure focale nationale du Protocole de Nagoya sur l’APA, en collaboration avec l’Observatoire du Sahara et du Sahel, centre d’excellence régional pour la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique, cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements liés à cette Convention.
Dans cette dynamique, la mise en œuvre du protocole engage la Tunisie dans un processus de rapportage périodique aligné sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, renforçant ainsi l’intégration des enjeux liés à l’accès et au partage des avantages dans les politiques nationales de gestion durable de la biodiversité.
L’ouverture de la réunion a été marquée par les interventions de M. Chokri Mezghani, Directeur Général de l’Unité de Suivi de l'Activité des Services Extérieurs et de la Tutelle sur les Entreprises et Etablissements publics et représentant de M. Habib Abid, Ministre de l’Environnement de Tunisie, de Mme Awatef Messai, Directrice Générale par intérim de la Direction Générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, et de M. Nabil Hamada, Directeur à l’Observatoire du Sahara et du Sahel. Les intervenants ont mis en avant la portée stratégique de ce processus pour consolider le cadre national de gouvernance de la biodiversité, en soulignant notamment l’importance d’un dispositif structuré de suivi et de rapportage des mécanismes d’accès et de partage des avantages. Le rôle de l’Observatoire du Sahara et du Sahel en tant que centre de référence régional a été mis en avant à travers son appui technique et son accompagnement dans l’élaboration de ce premier rapport national.
La mise en place du comité de pilotage répond à la nécessité d’assurer une orientation stratégique et un suivi rigoureux du processus, avec l’appui de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, en collaboration avec la Direction Générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie et le soutien du Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour l’environnement, dans une approche participative mobilisant l’ensemble des parties prenantes concernées.
Cette première réunion a permis de poser les bases organisationnelles, méthodologiques et opérationnelles nécessaires à la conduite du processus. Elle a constitué un espace d’échange visant à harmoniser les compréhensions autour des exigences du protocole, en particulier celles relatives à l’accès aux ressources génétiques et au partage des avantages, tout en clarifiant les rôles et responsabilités des différentes parties prenantes. Les discussions ont également porté sur la définition d’une méthodologie de travail, l’identification des outils de collecte et d’analyse des données, ainsi que sur l’élaboration d’un calendrier structuré intégrant les principales échéances.
La rencontre a réuni les représentants des principaux départements ministériels et institutions concernés, principalement les structures relevant des ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, et de la Recherche scientifique, de l’Industrie, des Finances ainsi que des organismes techniques et de recherche tels que la Banque Nationale de Gènes. Cette mobilisation reflète le caractère transversal des enjeux liés à la biodiversité, et plus spécifiquement à l’accès et au partage des avantages.
Au-delà de son cadre institutionnel, cette réunion a permis de lancer une dynamique de concertation et de coordination entre les différents acteurs, afin de garantir la qualité, la cohérence et la pertinence du rapport attendu. Elle constitue ainsi une étape clé pour structurer un processus de rapportage conforme aux exigences internationales, tout en tenant compte des spécificités nationales et en renforçant les capacités des parties prenantes dans la mise en œuvre du Protocole de Nagoya en Tunisie.
Dans cette même logique participative, des ateliers régionaux seront organisés au niveau du Nord, du Centre et du Sud au cours du mois d’avril 2026, afin d’assurer une implication élargie des structures et institutions concernées à l’échelle régionale.
Les principaux résultats de ce rapport devraient, par ailleurs, être présentés à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité, le 22 mai 2026.
L’élaboration du premier rapport national constitue une étape importante pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du protocole au niveau national, identifier les problématiques soulevées et dégager les perspectives futures.