De la planification à la mise en pratique : l’OSS ouvre la voie à la résilience face à la sécheresse dans la région IGAD

En avril 2026, Tunis devient le pôle de coopération régionale, à l’occasion d’une visite d’apprentissage et d’une formation régionale de formateurs consacrées à la gestion adaptative de l’élevage et des parcours. L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), en partenariat avec le Global Water Partnership (GWP) et l’ICARDA, y réunit des agents de vulgarisation, des experts techniques et des facilitateurs communautaires issus de Djibouti, du Kenya, du Soudan et de l’Ouganda, dans le cadre du projet DRESS-EA, dédié au renforcement de la résilience à la sécheresse des petits exploitants agricoles et des pasteurs.

Dans l’ensemble de la région IGAD, la variabilité climatique redéfinit les moyens de subsistance, où les sécheresses récurrentes fragilisent les parcours et mettent en péril les systèmes pastoraux qui en dépendent. Au-delà des impacts environnementaux, les enjeux touchent la sécurité alimentaire, la stabilité économique et la cohésion sociale. Dans le cadre du projet DRESS-EA, l’OSS, Entité Régionale d’Exécution auprès du Fonds d’Adaptation, met en œuvre une approche holistique articulant systèmes d’alerte précoce, pratiques de gestion adaptative et renforcement institutionnel. Comme l’a souligné son Secrétaire exécutif, M. Nabil Ben Khatra : « lorsqu’un pasteur perd son troupeau, il perd son assurance, sa nourriture et sa dignité ».

Si le projet a déjà permis de poser des bases solides, l’OSS accélère désormais le passage de la planification à la mise en œuvre. La formation régionale de formateurs répond directement aux besoins exprimés par les pays participants en matière de renforcement des capacités techniques dans la gestion de l’élevage et des parcours. Elle s’inscrit également dans les recommandations du Comité de pilotage régional du projet DRESS-EA, visant à approfondir le partage des connaissances et à renforcer la coopération régionale.

Au cœur de cette initiative se trouve la démultiplication des capacités : un principe qui fait des participants des apprenants, mais également de futurs formateurs. Munis de nouveaux outils et savoir-faire, ils sont appelés à transmettre ces compétences aux communautés locales, afin d’atteindre à grande échelle les agriculteurs et les pasteurs. Le succès de cette formation ne se mesure pas au nombre de participants, mais aux transformations concrètes qu’elle génère sur le terrain.

Le programme associe des sessions théoriques à des visites de terrain à travers plusieurs régions de Tunisie, notamment Zaghouan, Sousse, Kairouan, le Kef et Béja, véritables miroirs des écosystèmes arides des pays de la région IGAD, accueillent déjà des dispositifs de démonstration en matière de gestion des parcours et de l’élevage. Les participants y expérimentent des techniques de restauration et de suivi des parcours, des stratégies d’élevage résilientes face à la sécheresse, des systèmes d’alimentation alternatifs et hydroponiques, des programmes de sélection communautaire, ainsi que des approches de développement des chaînes de valeur et des coopératives d’élevage. Le programme illustre une vision intégrée, allant de l’alimentation de précision et de la santé animale à la production fourragère et à la réhabilitation des parcours, afin de favoriser l’application concrète des acquis dans les contextes nationaux.

L’intégration à plusieurs niveaux constitue un atout majeur de cette initiative. L’expertise scientifique de l’ICARDA complète la coordination régionale et l’alignement des politiques assurés par le GWP, tandis que les institutions nationales et les structures communautaires jouent un rôle central dans la mise en œuvre. Les participants élaborent des plans intégrés de gestion de l’élevage et des parcours, en cohérence avec les stratégies nationales de lutte contre la sécheresse et les cadres de dialogue politique. La formation s’inscrit ainsi dans un système global reliant connaissances, politiques publiques et actions de terrain.

L’OSS et ses partenaires ont également conçu une stratégie de suivi visant à pérenniser les acquis. Des formations en cascade au niveau national permettront de diffuser les connaissances directement auprès des communautés. Parallèlement, des études de cas et des produits de capitalisation contribueront au partage des enseignements. La mise en place d’une communauté de pratique régionale favorisera la continuité des échanges, tandis que l’engagement dans les plateformes nationales de lutte contre la sécheresse permettra d’institutionnaliser les acquis.

La visite d’apprentissage et la formation de formateurs à Tunis dépassent le cadre d’un simple événement pour traduire un engagement régional renouvelé pour faire face aux défis climatiques à travers des solutions concrètes, fondées sur la science et portées par les communautés. Les participants regagnent leurs pays non seulement avec des compétences techniques, mais aussi une responsabilité collective : transformer des systèmes vulnérables à la sécheresse en paysages résilients et productifs. Ce moment marque un tournant, celui du passage de la planification à l’action et de la convergence des efforts vers une résilience régionale partagée.