Selon Cheryl Pellerin, rédactrice au site «America.Gov», du Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat états-unien, malgré l’échec du Sommet de Copenhague, les principales économies du monde sont en train de coopérer en vue d’atténuer le réchauffement climatique.
En dépit des points d’interrogation qui se posent sur l’ampleur finale du rassemblement qui se fera autour de l’accord de Copenhague sur le climat, une bonne douzaine de pays, tant développés qu’en développement, collaborent déjà à la mise en chantier de techniques qui permettront d’atténuer les pires effets du changement climatique.
Élaboré en décembre 2009 par les chefs d’Etat et de gouvernement de 25 grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, l’accord de Copenhague cherche à limiter à 2 degrés la hausse de la température mondiale moyenne grâce à la réduction considérable, quoiqu’encore imprécise, des émissions de ces gaz de la part des pays développés et à l’imposition de limites mondiales et nationales des émissions «dès que possible», un délai plus long étant envisagé pour les pays en développement.
Le 31 janvier devait être la première date butoir, après la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, de la détermination par les pays industriels d’objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, et de l’élaboration par les pays en développement de mesures volontaires de limitation de leurs émissions. C’était également le dernier jour où les 193 pays Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pouvaient adhérer à l’accord.
Mais le 20 janvier, au cours d’une conférence de presse, le secrétaire exécutif de la CCNUCC, M. Yvo de Boer, a déclaré que la date limite n’était pas rigoureuse. Selon les informations, seule une poignée de pays ont accordé jusqu’ici leur soutien. Le secrétariat de la CCNUCC devait publier après le 31 janvier un rapport sur l’état d’avancement des adhésions.
«Nous sommes actuellement dans une période de transition qui donne aux pays le temps de souffler, de reprendre leurs discussions», a dit M. de Boer. «Si les pays suivent les résultats de Copenhague avec sérénité, leurs regards fixés sur l’avantage d’une action collective, ils auront toutes les chances d’achever le travail.»
La prochaine réunion officielle des parties à la CCNUCC sera une session de négociations de deux semaines, du 31 mai au 11 juin, à Bonn (Allemagne), en prévision de la prochaine conférence de négociation sur les changements climatiques, qui doit avoir lieu à Mexico du 29 novembre au 10 décembre.
Entre-temps, certains des mêmes pays qui débattent de l’appui à donner à l’accord de Copenhague collaborent entre eux au sein du Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat (MEF) que le président Barack Obama a lancé en mars 2009.
Pendant que se tenait la conférence de Copenhague, des représentants des membres du MEF annonçaient, le 14 décembre 2009, des projets techniques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre produites par environ 80% des processus industriels énergétiques responsables de ces émissions.
Au nombre des membres du MEF figurent de grandes économies industrielles telles que l’Australie, le Canada, les États-Unis et l’Union européenne, ainsi que les pays connus sous leur acronyme BASIC – Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine –, et d’autres pays.
«Au cours de l’année écoulée, le Forum des économies majeures a présenté 10 plans d’action différents sur le plan technologique, des plans détaillés appartenant à des domaines divers», a indiqué M. Gary Guzy, directeur adjoint du Conseil consultatif de la Maison Blanche sur la qualité de l’environnement, lors d’une conférence de presse donnée le 21 janvier. «Ces plans visent à dégager des moyens de collaboration en vue de la réalisation d’une transformation économique fondamentale.»
Chaque programme contient à l’intention des autorités nationales une mine d’informations à examiner, notamment sur le potentiel de réduction des émissions de chacune des techniques, sur les obstacles existants et la stratégie pour les vaincre, et sur un menu de mesures gouvernementales destinées à assurer l’application de la politique technologique nationale.
C’est ainsi que le plan sur le secteur du bâtiment (efficacité énergétique), prévoit le renforcement de la coopération internationale concernant les normes minimales de consommation énergétique des appareils ménagers. Le plan sur les réseaux intelligents suggère la création d’une plateforme assurant l’élaboration et l’application coordonnée sur les plans tant national que régional de normes technologiques relatives aux réseaux intelligents. Les plans sur les énergies éolienne et solaire appellent à des cibles ambitieuses en matière d’énergies renouvelables et à une politique fiable de soutien destinée à envoyer aux marchés des signaux très clairs de possibilités d’investissement.
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Un homme et son chien marchent à travers un réservoir desséché dans la région d’Alcora en Espagne. L’accord de Copenhague cherche à limiter à 2 degrés la hausse de la température mondiale moyenne grâce à la réduction considérable, quoiqu’encore imprécise, des émissions de gaz à effet de serre. |
Indépendamment des négociations de l’après-Copenhague, les collaborations internationales pour la promotion et le développement de techniques propres demeurent un élément crucial de la stratégie visant à maintenir à 2 degrés maximum le réchauffement planétaire.
«La prochaine étape se passera en réalité dans les pays individuels», a déclaré M. Jonathan Pershing, envoyé spécial adjoint du département d’Etat aux affaires climatiques, lors d’une conférence de presse donnée le 13 janvier. «Il est impossible d’imaginer que nous puissions obtenir l’approbation internationale en ce moment sans actions au plan national. Ceci vaut aussi bien pour nous que pour les autres. Cela se traduit par des lois et des règlements appliqués partout dans le monde, y compris aux États-Unis.»
Source: http://www.america.gov/fr/