La carte des zones exposées à la désertification et à l’érosion hydrique de l’Algérie vient d’être actualisée grâce aux images satellitaires fournies par l’Agence spatiale algérienne (ASAL)...
La carte des zones exposées à la désertification et à l’érosion hydrique de l’Algérie vient d’être actualisée grâce aux images satellitaires fournies par l’Agence spatiale algérienne (ASAL). Elle montre que 27 millions d’hectares sont menacées, soit une évolution de 0,5 % par rapport à 1996, dont 4 millions sont considérés comme très sensibles, 500 000 comme irréversibles et 15 millions exposés à l’érosion hydrique.
Cette nouvelle carte montre que l’évolution du phénomène de la désertification, même si elle reste préoccupante, n’est tout de même pas menaçante puisque de 1996 à 2009, on n’a enregistré que 70 000 nouveaux hectares désertifiés.
Tiaret, Tlemcen et Saïda ont été annexées à la liste des 12 wilayas concernées par la désertification même si elles comprennent plutôt des zones steppiques fragilisées. L’intégration de ces trois unités administratives a été faite dans le souci de protéger les zones steppiques de la dégradation des sols et ce, dans le cadre de différents programmes engagés par l’Etat pour recouvrir les zones végétales, fixer les dunes, renforcer la ceinture verte et préserver les espaces fragiles.
A titre d’exemple, une campagne nationale de reboisement, à l’œuvre depuis 2002, a permis la replantation de plus de 200 000 hectares. Dans les cinq années à venir (2010-2014), ce programme devra se poursuivre dans le cadre du renforcement du barrage vert sur un parcours de 100 000 hectares, la plantation de 4 millions d’autres hectares, la réhabilitation des parcours steppiques et la mise en œuvre de projets de proximité au niveau local avec l’implication des citoyens.

Des études ont été engagées pour la protection et le repeuplement de certaines espèces végétales algériennes comme l’
arganier, le cyprès, l’acacia et le pistachier de l’Atlas. Une démarche d’identification de nouvelles zones de fourrages est en cours pour alléger l’exploitation de la steppe.
La recherche scientifique également est au service de la lutte contre la désertification. Un chercheur de l’Institut national de recherche forestière (INRF) a mis au point un nouveau dispositif de stabilisation des dunes mobiles. Ce procédé de lutte contre l’érosion éolienne, breveté par l’INAPI, se présente sous forme de palissades de matériau synthétique protégeant de l’ensablement les exploitations agricoles, les infrastructures socio-économiques, les routes, les voies ferrées et les aéroports des régions du Sud.
Plus souple, facile d’installation, réutilisables à souhait, ce nouveau dispositif devrait remplacer les traditionnelles haies faites avec des produits végétaux inertes (palmes sèches, fascines de pins d’Alep, branches de laurier-rose et roseau), des matériaux qui ne sont pas toujours disponibles et dont la durée de vie est limitée.
Ce dispositif a été expérimenté pendant 10 ans au niveau du laboratoire à ciel ouvert de 100 hectares à El-Masrane (Djelfa).
Tiré d’articles parus sur le quotidien algérien ‘‘El moudjahid’’:
http://www.elmoudjahid.com/accueil/cooperation/50593.html
http://www.elmoudjahid.com/accueil/cooperation/50594.html