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L’OSS à Abidjan : contribution africaine aux négociations sur le climat Print E-mail
Abidjan, Côte d’Ivoire, 15-16 janvier 2010.
L’OSS, représenté par Mme Aissa Touré, Coordinatrice du Programme Recherche pour le développement, a pris part à l’atelier initié par le projet RIPIECSA* (Recherches Interdisciplinaires et Participatives sur les Interactions entre les Ecosystèmes, le Climat et les Sociétés en Afrique de l’Ouest) sur la contribution africaine aux négociations sur le climat.

Cette rencontre a rassemblé un groupe restreint d’experts de haut niveau, provenant d’institutions de recherches régionales, dont le Centre africain des applications de la météorologie au développement (ACMAD), le Centre régional  Aghrymet du CILSS, des universités de recherche nationaux, des points focaux de l’UNFCCC, des représentants du Gouvernement ivoirien, en particulier de la Présidence et des ministères en charge de l’environnement, de la recherche scientifique et de l’intégration africaine.

Même si la voix de l’Afrique était à l’unisson, elle a peu pesé dans les négociations de Copenhague. Pour de nombreuses raisons : i) l’impossibilité d’exploiter les communications nationales des Etats africains parce qu’elles ne sont pas étayées de bases scientifiques avérées, ii) le manque d’harmonisation des protocoles et des méthodes d’inventaire, de collecte et de traitement des données, et l’absence d’homogénéisation et de longues séries de données, iii) le manque de densité des réseaux d’observation et de suivi…

Parmi les enjeux auxquels l’Afrique de l’Ouest doit porter une attention particulière, l’OSS, membre du Comité de pilotage du projet Ripiesca, a relevé la nécessité d’identifier, de mobiliser et de renforcer les capacités existantes à travers la coopération Sud-Sud et Nord-Sud, d’accompagner les scientifiques africains dans la définition des politiques, stratégies, programmes environnementaux d’un point de vue méthodologique, de renforcer les bases  scientifiques des plans nationaux (PAN/LCD, PANA…).

L’OSS a mis aussi l’accent sur l’importance de renforcer les systèmes de surveillance, d’observation et d’alerte, de déterminer des situations de référence pour les politiques d’adaptation et les stratégies de développement, de développer des méthodologies de calcul de coût de l’adaptation…

Quel est l’état de l’art en matière de recherche scientifique en Afrique de l’Ouest ? Les chercheurs ouest-africains travaillent en étroite collaboration avec les ingénieurs et techniciens nationaux et des centres régionaux dans le cadre de coopérations régionales et internationales, à travers des programmes et projets "AMMA1, RIPIECSA, IMPETUS, GLOWA2, FRIEND3, BIOTA4, ACCA5, ACCCA6"… Cependant, ces réseaux ne disposent pas d’un cadre formel au niveau régional permettant d’intensifier le partage d’informations. Pourtant ces informations sont indispensables à l’élaboration de politiques nationale, régionale et continentale et peuvent constituer un instrument précieux de négociation pour le groupe africain. Une nécessité que souligne l’engagement pris à Lagos (Nigeria) par les Etats africains de consacrer 1% de leur PIB au financement de la recherche.

Mettre en place une plateforme au niveau régional est donc devenu stratégique pour i) promouvoir l’expertise existante, (ii) fédérer les initiatives pour plus d’efficacité et pour le long terme, (iii) coordonner et mieux utiliser les ressources disponibles, (iv) identifier les besoins en renforcement de capacités, et enfin, (v) partager les résultats de la recherche avec les décideurs et la société civile.

La Cedeao a élaboré un Plan d’action sous-régional de réduction de la vulnérabilité en Afrique de l’Ouest et au Tchad face aux changements climatiques (PASR-RV-AO) qui doit être adopté par le Conseil des ministres de la Cedeao en mars 2010 (Accra, Ghana). Ce plan prévoit un mécanisme institutionnel (Groupe consultatif scientifique) qui permettra aux scientifiques de donner avis et orientations sur les grandes questions environnementales liées aux changements climatiques de la sous-région.

Pour la mise en place d’une plateforme scientifique régionale, l’initiative du CILSS de mettre en place un GIEC-Afrique de l’Ouest représente un cadre de travail approprié. Rebaptisé Groupe de recherche sur l’environnement et le climat en Afrique de l’Ouest (GREC-AO), cette structure aurait un ancrage institutionnel avec la CEDEAO à travers le GCS, un bureau de coordination régionale scientifique au Centre régional Aghrymet et trois groupes de travail réunissant des universités, des institutions de recherche nationales et régionales, des services opérationnels et des centres d’application, des experts indépendants et des partenaires scientifiques internationaux. Il reste à définir le statut juridique du GREC-AO, qui devra disposer d’une architecture de bonne gouvernance garantissant la transparence dans la coordination administrative et la qualité scientifique. La réunion de création du GREC-AO aura lieu fin avril à Abidjan.
    
* RIPIECSA est un projet dont la finalité est d’étayer scientifiquement les réponses politiques au changement climatique en Afrique de l’Ouest. Il est mis en œuvre par l’Agence inter-établissements de la recherche pour le développement (AIRD), déléguée par le ministère français des Affaires étrangères.

Notes
1- African Monsoon Multidisciplinary Analysis.
2-Global Change and the Hydrological Cycle.
3- Flow Regimes from International Experimental and Network Data (Unesco).
4- BIOdiversity Monitoring Transect Analysis in Africa.
5- Adaptation aux changements climatiques en Afrique.
6- Advancing Capacity for Climate Change Adaptation.

     
     
Observatoire du Sahara et du Sahel - Sahara and Sahel Observatory, Tunis, Tunisia © OSS 2007