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‘‘Les défis de la sécurité humaine dans les pays arabes’’ Print E-mail
 ‘‘Les défis de la sécurité humaine dans les pays arabes’’Selon le cinquième volet du «Rapport arabe sur le développement humain» intitulé ‘‘Les défis de la sécurité humaine dans les pays arabes’’ publié par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud, Le Caire, le 21 décembre 2009), les pays arabes souffrent toujours de la pression démographique, du chômage et de la pauvreté. A ces problèmes endémiques s’ajoute désormais la menace du changement climatique. L’insécurité de cette région est d’abord environnementale, au sens large du terme, soulignent les auteurs du rapport.

Conséquence de la croissance démographique qui se poursuit : la population des pays arabes, qui était de 172 millions en 1980, atteindra 385 millions en 2015. Les moins de 25 ans y représentent 60% et l’âge moyen est de 22 ans, contre 28 ans dans le reste du monde. Le taux de chômage moyen de la région atteint 14,4 % en 2005, contre une moyenne mondiale de 6,3%. Selon l’Organisation arabe du travail (OAT), les jeunes Arabes souffrent deux fois plus du chômage que les autres jeunes (de 6,3 % dans les Émirats à 46 % en Algérie).
Globalement, 140 millions d’Arabes vivent sous le seuil de pauvreté. La faim sévit plus que jamais. Le monde arabe – comme l’Afrique subsaharienne – a vu «le nombre de personnes sous-alimentées augmenter depuis le début des années 1990, passant de 19,8 millions en 1992 à 25,5 millions en 2004».

Ces problèmes de développement sont d’autant plus inquiétants qu’ils persistent sur des territoires désertiques à 68,4%, où 57% des ressources hydriques sont partagées avec des États voisins et les réserves d’eau souterraines «fortement surexploitées».
Peu industrialisés, les pays arabes «ne contribuent que très peu à l’effet de serre» et au réchauffement climatique. Mais ils font partie de ceux qui en pâtiront le plus. L’Égypte, le Liban, le Soudan et les pays du Maghreb seront parmi les plus affectés. Si, comme on le redoute, la hausse moyenne des températures de la planète devait dépasser 3 °C, le niveau de la mer pourrait s’élever de 1 mètre et provoquer l’exode de 6 millions d’habitants du delta du Nil.
Les pays arabes comptent par ailleurs 7,5 millions de réfugiés (sur les 16 millions recensés dans le monde), auxquels s’ajoutent 9,8 millions de déplacés, essentiellement en Irak, au Liban, en Somalie, au Soudan, en Syrie et au Yémen.

Pour télécharger le rapport en version anglaise : http://hdr.undp.org/fr/rapports/regional/etatsarabes/ahdr2009e.pdf
Pour lire un résumé en français :
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www....2B2009%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1


Extrait du rapport
Les individus et leur environnement précaire
Les pays arabes sont confrontés à des pressions environnementales croissantes qui menacent la sécurité de leurs populations. Les conflits potentiels liés à la lutte pour le contrôle de ressources naturelles peuvent affecter fortement les relations entre les communautés, les populations et les États arabes ou non-arabes. Ces défis découlent de la croissance démographique, de la surexploitation des terres, des pénuries d’eau, de la désertification, de la pollution et des changements climatiques.

La croissance démographique : Selon les estimations de l’ONU, la population des pays arabes s’élèvera à près de 385 millions de personnes d’ici 2015 (contre environ 330 millions en 2007, et 172 millions en 1980). Dans une région où l’eau et les terres arables sont de plus en plus rares, ces taux de croissance démographique, bien qu’en baisse, exerceront une pression plus forte sur le niveau de production des terres et menaceront davantage la viabilité environnementale dans les pays arabes.

La croissance urbaine pose des problèmes particuliers. L’accélération de l’exode rural met à rude épreuve des infrastructures fonctionnant déjà à la limite de leurs capacités, et crée des problèmes de surpopulation, d’insalubrité et d’insécurité dans de nombreuses villes arabes. En 1970, 38% de la population arabe était urbaine. En 2005, ce pourcentage est passé à 55%, et est susceptible de dépasser les 60% d’ici 2020.

Les évolutions démographiques : La proportion élevée de jeunes est l’aspect le plus problématique du profil démographique de la région. Les jeunes représentent le segment de la population des pays arabes qui enregistre la plus forte croissance. Près de 60% de la population est âgé de moins de 25 ans, ce qui en fait l’une des régions les plus jeunes du monde, avec un âge moyen de 22 ans comparé à une moyenne mondiale de 28 ans.

La rareté de l’eau : Les eaux de surface disponibles dans les pays arabes sont estimées à un total de 277 milliards de mètres cubes par an, dont seulement 43% trouvent leur source dans les pays arabes. Les ressources en eau de surface partagées avec des pays voisins situés en dehors de la région représentent environ 57% du total des besoins en eau de la région. Des années d’efforts ont abouti à la mise en place d’accords formels (tels que l’Initiative du Bassin du Nil) sur la gestion des ressources partagées. Toutefois, la plupart de ces accords sont incomplets, inefficaces et inéquitables à l’égard des pays riverains. À l’échelle régionale et interrégionale, la coopération en matière d’utilisation et de gestion de l’eau est fortement affectée par les tensions politiques et les conflits qui rongent la région.

Les systèmes d’eaux souterraines, fortement surexploités, sont souvent les seules sources d’eau douce dans la région ; malgré cela le taux d’exploitation des réserves aquifères renouvelables dépasse leur capacité de reconstitution. L’utilisation de l’eau dans la plupart des pays arabes est marquée par les conflits transfrontaliers, la mauvaise adduction des ressources, ainsi que la surexploitation, plus particulièrement des eaux souterraines. De ce fait, la majeure partie de la population souffre d’un accès limité à l’eau salubre et d’importantes quantités d’eau sont gaspillées dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et du tourisme.

La désertification constitue un danger pour la région. Elle est officiellement définie dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, comme étant « la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides, et subhumides sèches résultant de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines. »

Une étude du Programme des Nations Unies pour l’environnement estime que le désert a englouti plus des deux tiers de la superficie totale de la région (9,76 millions de kilomètres carrés de désert, soit 68,4% de la superficie totale des terres).
La Péninsule arabique représente le ratio le plus élevé de désert sur superficie totale (avec neuf dixièmes, soit 89,6%). Elle est suivie par l’Afrique du Nord (plus des trois-quarts du territoire, soit 77,7%), la vallée du Nil et la Corne de l’Afrique (moins de la moitié, soit 44,5%) puis par le Moyen-Orient (35,6%). La désertification progressive menace près de 2,87 millions de kilomètres carrés, soit un cinquième de la superficie totale des pays arabes.

La pollution de l’eau
dans les pays arabes est désormais un sérieux problème. Elle est principalement due à l’utilisation croissante d’engrais chimiques, de pesticides, et de traitements horticoles et vétérinaires dont les traces, persistantes, se retrouvent dans l’eau. Le manque d’accès à l’eau potable en quantité suffisante menace la sécurité humaine de nombreuses manières. Il peut conduire à la propagation de maladies chez les enfants, telles que la dysenterie, et affecter ainsi l’assiduité et les résultats scolaires. Il prive les femmes de longues heures qu’elles pourraient consacrer à des activités personnelles génératrices de revenus plutôt que d’aller chercher de l’eau pour leur famille. En outre, la rareté de l’eau et la pollution menacent la production agricole et alimentaire et déclenchent des rivalités nationales pour le contrôle des rares ressources en eau.

Par ailleurs, les niveaux de pollution de l’air dans les pays arabes sont globalement parmi les plus bas du monde. En 2004, les émissions de dioxyde de carbone ne dépassaient pas 1 348,4 tonnes contre 12 162,9 tonnes dans les pays à revenu moyen et 13 318,6 tonnes dans les pays de l’OCDE.
Il est à noter cependant que si les pays arabes présentent des taux d’émission de dioxyde de carbone relativement faibles, cela est principalement dû au fait que la plupart ne connaissent pas une industrialisation poussée. Toutefois, les émissions de dioxyde de carbone en Afrique du Nord et au Moyen-Orient augmentent à un rythme plus rapide que dans n’importe quelle autre région du monde, à l’exception de l’Asie du Sud (avec l’Inde en tête) et de l’Asie de l’Est (avec la Chine en tête). De 1990 à 2004, le taux annuel moyen de croissance était de 4,5%, ce qui indique que les émissions de dioxyde de carbone ont presque doublé au cours de cette période.

Le changement climatique
: Les pays arabes sont parmi ceux qui contribuent le moins à l’effet de serre. Selon le Rapport mondial sur le développement humain 2008 et les Indicateurs de développement mondial pour 2007, la part de la région dans les émissions de dioxyde de carbone, qui contribuent à ce phénomène, ne dépassait pas 4,7% — plus faible que dans toute autre région, à l’exception de l’Afrique Sub-saharienne. Toutefois, la région est aussi la plus susceptible de ressentir les effets des changements climatiques et risque d’être affectée par : a) les pénuries d’eau, b) la réduction de la production agricole ; c) des importants flux migratoires vers l’étranger («réfugiés de l’environnement») ; d) le ralentissement de l’activité économique ; e) les menaces contre la sécurité nationale.

Le réchauffement de la planète
: Selon le Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 publié par le PNUD, l’Egypte, le Liban, le Soudan et les pays d’Afrique du Nord pourraient être les pays de la région les plus touchés par les changements climatiques. Une augmentation de la température de la Terre de trois ou quatre degrés Celsius augmenterait le niveau de la mer d’environ un mètre, provoquant 6 millions de réfugiés en Egypte ainsi que l’inondation de 4 500 kilomètres carrés de terres agricoles dans le delta. Même si le niveau de la mer ne devait augmenter que d’un demi-mètre, cela pourrait transformer deux millions de citoyens en réfugiés et provoquer des pertes économiques de plus de 35 milliards de dollars. Dans la région de Kordofan, au Soudan, une augmentation de la température de 1,5°C entre 2030 et 2060 réduirait la moyenne des précipitations de 5%, provoquant ainsi une baisse générale de la production agricole et une diminution de la production de maïs de 70% par rapport aux niveaux actuels. Une augmentation de 1,2°C d’ici 2020 réduirait l’eau disponible au Liban de 15% et dans certaines régions du Maroc de plus de 10%.

     
     
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