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Coopération mondiale à la mitigation des effets des émissions de gaz carbonique. Print E-mail
 Dans cet article, Cheryl Pellerin, rédactrice au site d’information officiel états-unien ‘‘américa.gov’’, souligne la nécessité d’atténuer les changements climatiques et leurs effets éventuellement catastrophiques grâce à une nouvelle collaboration technique entre des gouvernements ainsi qu’entre de grandes sociétés industrielles et diverses institutions. Elle passe en revue certaines opérations pionnières dans ce domaine menée au Canada, en Norvège, en Australie, aux Etats-Unis et même en Algérie. 

Les activités humaines – notamment la combustion de carburants fossiles émettrice de dioxyde de carbone, ou gaz carbonique – qui contribuent au réchauffement de la planète sont les principaux facteurs des changements climatiques que subit actuellement notre planète. D’autres activités humaines visant à atténuer ces changements et leurs effets éventuellement catastrophiques ont donné jour à une nouvelle collaboration technique entre des gouvernements ainsi qu’entre de grandes sociétés industrielles et diverses institutions.

Mitiger les changements climatiques, cela signifie en ralentir les effets – la montée du niveau des océans, la fonte des glaciers, les perturbations de l’écosystème et les fluctuations météorologiques extrêmes, pour n’en citer qu’un échantillon – en réduisant l’échappement dans l’atmosphère de gaz à effet de serre, tels le dioxyde de carbone, ou en accélérant leur réabsorption dans leurs réservoirs naturels qu’on appelle puits de carbone, à savoir les forêts, les sols et les océans.

La technologie offre déjà des options qui permettent de réduire les émissions de gaz carbonique, notamment : l’utilisation plus efficace des ressources énergétiques, l’accent étant mis sur les sources renouvelables d’énergie (solaire et éolienne) mais aussi sur le nucléaire ; l’usage de combustibles à faible teneur en carbone, tel le gaz naturel, plutôt qu’à teneur élevée, tel le charbon ; l’amélioration des puits de carbone dans l’agriculture et la sylviculture et la recherche accélérée de techniques de captage et de stockage de CO2 (carbon capture and storage ou CCS) dont l’objectif est de parvenir à capter le dioxyde de carbone émis par les procédés industriels et à le séquestrer sous terre pour de longues périodes de temps.

«Nous pouvons prévoir que, dans l’avenir, les combustibles fossiles figureront encore parmi les différentes sources d’énergie utilisées par l’homme», a dit Mme Sally Benson, directrice du projet Climat et énergie à l’université Stanford, lors d’une conférence de presse donnée le 30 octobre à Washington. «Il sera très difficile de parvenir à une réduction de 50 à 80% des émissions – un taux de réduction qui sera vraisemblablement nécessaire d’ici 2050 pour mitiger les effets des changements climatiques – sans le captage et le stockage du CO2.»
Qu’est la technologie de captage et de stockage ?

La technologie CCS comprend les différentes méthodes par lesquelles toute grande usine  industrielle qui émet du dioxyde de carbone – telles les centrales thermiques alimentées au charbon, les installations de traitement du gaz naturel et les activités d’exploration et d’exploitation pétrolière et gazière – réduit ses émissions. Le procédé consiste à capter les émissions de CO2 qui découlent des activités industrielles, puis de stocker le gaz sous terre par injection soit dans de profondes galeries soit dans des puits pétroliers et gazières épuisés.

De par le monde, on enregistre déjà un soutien croissant aux efforts de mise au point et de commercialisation des technologies CCS. En 2005, le Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques a rendu public un rapport spécial sur le captage et le stockage du dioxyde de carbone. Ses auteurs ont affirmé que «les méthodes de CCS pourraient réduire les coûts de l’atténuation des changements climatiques tout en offrant de nouvelles possibilités pour parvenir à la réduction des émissions des gaz à effet de serre». Lors de leur conférence de 2008 à Aomori (Japon), les ministres de l’énergie des pays du G8 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie – se sont engagés à mettre au point 20 projets à grande échelle de CCS d’ici 2020. En 2009, le gouvernement australien a établi l’Institut mondial de captage et de stockage du carbone. Plus de 20 gouvernements et 80 sociétés, organisations non gouvernementales et instituts de recherche y ont déjà adhéré en tant que membres fondateurs ou participants dans le but d’accélérer le déploiement commercial des technologies CSS.

Participation internationale
Plusieurs grands projets commerciaux sont déjà en route de par le monde, dont des projets internationaux de recherche et des projets commerciaux sur le point d’être lancés dans plusieurs de pays, dont l’Australie, le Canada, la Chine, les États-Unis et la Norvège. Presque tous les projets en cours comportent un élément de coopération internationale.

Le projet Sleipner a été lancé en 1996 dans les eaux territoriales de la Norvège en mer du Nord par la compagnie énergétique internationale StatoilHydro; premier projet de CCS commercial dans le monde, il peut stocker 1 million de tonnes de gaz carbonique par an. Dans le projet canadien Weyburn, qui a débuté en 2000, du CO2 produit par l’usine Great Plains Synfuels dans le Dakota du Nord est acheminé par pipeline jusqu’à Weyburn, dans la province du Saskatchewan au Canada, pour être injecté dans des puits pétroliers épuisés. À sa conclusion, ce projet devrait avoir permis de stocker 20 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Dans le désert algérien, le projet Aïn Salah a été lancé en 2004 en partenariat entre la compagnie énergétique nationale de l’Algérie Sonatrach, la société BP basée à Londres et la Statoil de Norvège. Il emmagasine 1 million de tonnes de CO2 par an.

«Les partenariats les plus réussis sont ceux qui se forment autour de projets réels», a dit Mme Benson. «Si vous regardez le projet Sleipner, la surveillance et l’évaluation des activités de CCS sont menées en coopération à l’échelle internationale. Des personnes venues de toutes les régions du monde participent au projet Weyburn. Et le projet Aïn Salah, en Algérie, a été un champ d’essai pour les Européens, tandis que les États-Unis investissent eux aussi dans ses activités. À mon avis, se familiariser directement avec les données et le savoir-faire du captage et du stockage du carbone dans le cadre d’une opération en cours sont les activités qui seront les plus avantageuses», a souligné Mme Benson.

Acier sur le terrain
Le gouvernement et les milieux industriels chinois accordent eux aussi une attention sérieuse à la question du captage et du stockage du carbone, de même qu’à d’autres technologies d’énergie propre, a indiqué à ‘‘America.gov’’ M. Julio Friedmann, directeur du programme de la gestion du carbone au Laboratoire national Lawrence Livermore en Californie, qui relève du ministère de l’énergie des États-Unis. De pair avec l’Australie, la Chine a construit et testé un système de captage-stockage du carbone, qu’elle a installé dans sa plus grande centrale thermique de Pékin. Il fonctionne depuis quelque douze mois et peut capturer 3 000 tonnes de carbone par an. Utilisant la même technique, le gouvernement chinois prévoit de déployer à Shanghai un système de CCS capable de ressaisir 100 000 tonnes de CO2 par an ; celui-ci devrait être opérationnel en avril 2010, soit à temps pour l’ouverture de l’Exposition mondiale prévue en mai. «C’est de l’acier réel sur le terrain qui capte en fait du CO2», a dit M. Friedmann.

Le projet de CCS GreenGen près de Tianjin est un partenariat entre Huaneng et PetroChina, les sociétés électrique et pétrolière respectivement les plus importantes de Chine, et d’autres compagnies énergétiques. Ce projet intègre des technologies de captage-stockage du CO2 avec une méthode dite de gazéification du charbon intégrée à un cycle combiné. La première phase est achevée à 30% ; en août, Huaneng et la société énergétique américaine Duke Energy ont signé un accord de coopération dans le domaine de la méthode CCS et d’autres technologies d’énergie propre.

Par le biais de leur ministère de l’énergie et de l’université de la Virginie occidentale, les États-Unis collaborent avec la compagnie énergétique chinoise Shenhua à des projets techniques de conversion du charbon et de CCS dans une usine qui fonctionne depuis plusieurs mois dans le bassin Ordos. Cette installation devrait être achevée comme prévu au cours des deux prochaines années, a précisé M. Friedmann, et devrait avoir stocké 3 millions de tonnes de dioxyde de carbone deux ans plus tard.

«Il est évident qu’il existe en Chine de nombreuses options peu onéreuses à la fois dans le secteur électrique et au-delà», a dit M. Friedmann, «des options qui offrent l’occasion aux États-Unis de réfléchir à des moyens appropriés d’engagement dans le cadre de leur politique à l’égard de pays».

Source : http://www.america.gov/st/energy-french/2009/November/20091113161017lcnirellep0.8645594.html

     
     
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