La conférence internationale sur le climat de Copenhague, prévue du 7 au 18 décembre 2009, vise à trouver un accord pour succéder au protocole de Kyoto, qui expire en 2012, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les négociations se poursuivent mais n’avancent pas vraiment. Aux deux extrêmes : le Groupe des 77 (qui comprend 130 états émergents dont la Chine et Singapour) et les Etats-Unis qui campent sur des positions diamétralement opposées, tout en gardant toutefois la porte ouverte aux discussions, de manière à éviter un échec qui serait préjudiciable à toutes les parties.
Ces négociations, qui opposaient jusque là les pays industrialisés et ceux en développement, inquiètent désormais aussi les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont l’Algérie, qui «redoutent (...) l’imposition de nouvelles taxes sur le pétrole et le gaz» qui pourraient être décidées à Copenhague car elles auraient «des retombées négatives sur les économies des pays» membres de cette organisation.
C’est, en tout cas, ce qu’a déclaré, dimanche 8 novembre 2009, à Alger, le ministre algérien de l’Energie et des mines, M. Chakib Khelil, cité par l’agence algérienne APS. «Les pays membres de l’Opep dont l’Algérie devront coordonner ensemble leurs positions quant à la décision devant sanctionner cette conférence afin de protéger leurs intérêts», a-t-il ajouté.
En septembre dernier, le ministre angolais du Pétrole et président en exercice de l’Opep José Maria Botelho de Vasconcelos, avait affirmé à Vienne que les pays producteurs de pétrole doivent s’assurer que leurs intérêts seront «bien représentés» lors des prochaines négociations de l’ONU sur le changement climatique, à Copenhague.
La Conférence de Barcelone, tenue du 2 au 6 novembre 2009, a permis de mieux cerner les avancées et les obstacles qui persistent dans ces négociations sur le climat. Les divergences d’intérêt Nord-Sud restent le principal point de blocage.

« L’action doit maintenant prendre le pas sur les discussions », a lancé Yvo de Boer, secrétaire exécutif de l’UNFCC, en clôture de la Conférence de Barcelone. Car les avancées concrètes se font attendre. En effet, aucun nouveau chiffre n’a pu être annoncé dans la lutte contre les émissions de CO2, repoussant toute entente éventuelle à l’ultime Sommet. Malgré la bonne volonté affichée par l’ensemble des délégués présents, la tension est toujours palpable. Au cœur de la polémique : les divergences d’intérêts et d’objectifs entre pays émergents et industrialisés qui ont trouvé leur point d’orgue avec la menace de boycott du groupe Africain.
Malgré la tourmente, Yvo de Boer continue d’afficher son optimisme dans la réussite d’un accord global en décembre. «Un traité ne pourra pas être finalisé, mais son architecture avec des décisions claires qui mettent en avant des objectifs chiffrés». La phase de finalisation et de légalisation des textes se feraient alors en 2010. De Boer rejette l’idée d’un échec, affirmant qu’un accord est la seule solution possible pour tous les partis. Il reconnaît que la tâche qu’il reste à accomplir est énorme, mais met en avant les nombreuses rencontres internationales encore à venir au cours des prochaines semaines, dont la visite en novembre de Barack Obama dans plusieurs pays d’Asie (Japon, Singapour, Corée du Sud et Chine). «Je ne pense pas que la réunion avec Hu Jintao débouchera sur une annonce concrète, mais elle devrait développer une compréhension mutuelle», explique-t-il.
À Copenhague, une entente possible devra passer en particulier par le délicat rapprochement de deux pôles que tout sépare aujourd’hui : les États-Unis et le Groupe des 77. Le premier n’envisage pas d’accord sans l’engagement de l’ensemble des pays de la planète (en particulier celui de pays en développement comme la Chine, l’Inde et le Brésil) et tarde à se décider à voter un budget pour une réduction des gaz à effet de serre de 17% ou 20% par rapport à 2005 (soit environ 7% par rapport à 1990). L’autre demande avant tout l’implication et l’aide des pays riches, accusés d’avoir entraîné le monde dans le chaos climatique actuel, et réclame, soutenu par l’Afrique, une baisse d’au moins 40% des émissions de CO2 par rapport à 1990.
L’Union européenne (UE) a chiffré à 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 l’aide financière aux pays en développement pour réduire les émissions de CO2 et faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Une somme qui serait financée en partie par les membres de l’UE, mais aussi par des aides publiques des autres pays développés et par les marchés de quotas de carbone. Mais pas plus que Barcelone, le G20-Finances, qui a rassemblé vendredi 6 et samedi 7 novembre les ministres des Finances et banquiers centraux des principaux pays développés et émergents, n’a réussi d’avancée concrète sur ce financement. L’enjeu est pourtant crucial pour l’avenir de la planète, selon tous les experts.
D’après agences