MECANISMES DE CONCERTATION

La zone de compétence de l’OSS compte dix grands bassins-versants et douze systèmes aquifères transfrontaliers majeurs. Sur les 760 milliards m3/an de ressources en eau renouvelables, plus de 320 milliards de m3/an sont partagés. Les eaux fossiles extrêmement importantes (SASS et Grès de Nubie) qui représentent pour l’Afrique du Nord un élément de survie, sont également partagées. C’est dire toute l’importance que doivent représenter le dialogue et la concertation dans la gestion des eaux partagées, superficielles ou souterraines.

Si beaucoup d’organismes de gestions des eaux superficielles partagées existent (Autorité du Bassin du Niger (ABN), Office de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG), il n’en va pas de même pour les eaux souterraines.

L’OSS s’est donc intéressé, dès les années 2000, à la création de mécanismes de concertation ; le premier a concerné le Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS, partagé par l’Algérie, la Libye et la Tunisie). Créé au niveau technique en 2006, il a ensuite évolué vers un niveau politique en 2008, avec une Unité technique basée à l’OSS, dirigée par un coordination tournante biannuelle.

Ce mécanisme, reconnu internationalement, est en voie de réplication, puisque les sept pays concernés par le Système Aquifère d’Iullemeden – Taoudeni- Tanezrouft (Algérie, Bénin, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Nigeria) ont adopté en mars 2014 à Abuja, un projet de protocole pour la gestion de eaux de ce Système Aquifère.

L’objectif est de progressivement développer les mêmes mécanismes pour le sénégalo-mauritanien et les aquifères de la zone IGAD.

La mise en place des mécanismes obéit à une démarche commune :

  • Construction de bases de données communes, partagées et régulièrement mises à jour
  • Développement de modèles hydrogéologiques et de modèles de simulations des impacts des prélèvements
  • Développement de serveurs cartographiques
  • Renforcement des capacités des pays concernés et de la prise de conscience du partage d’une richesse commune.