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L’OSS à la COP 12 de l’UNCCD

Une délégation de l’OSS a pris part à la douzième Conférence des Parties (COP 12) de la CNULCD, qui s’est tenue à Ankara (Turquie) du 12 au 21 octobre 2015, en concomitance avec les réunions du CRIC et du CST de la Convention et avec la participation de plus de 6000 délégués.

La neutralité en matière de dégradation des terres (Land Degradation Neutrality – LDN) et l’intégration des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans la mise en œuvre de la CNULCD ont constitué le foyer de convergence des travaux de la conférence. Les Parties à la Convention ont également travaillé sur les messages à transmettre à la Conférence de Paris sur les changements climatiques (COP 21 – CCNUCC), qui démarrera fin novembre 2015.

Rappelons que l’OSS, co-organisateur de la troisième Conférence scientifique de la CNULCD (9-12 mars 2015 à Cancun, Mexique) a contribué à la construction de la base scientifique et technique sur laquelle les négociations d’Ankara se sont appuyées.

Résumé de la participation de l'OSS

Le segment de haut niveau de la CNULCD, réuni les 20 et 21 octobre, a porté les questions de la dégradation des sols et de la raréfaction des ressources en eau, ainsi que les solutions qui peuvent y faire face – y compris la concrétisation de la neutralité en matière de dégradation des terres – à l’attention des soixante-quinze ministres et représentants de haut niveau présents.

A l’issue de la COP12, un accord sur les objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres (LDN targets), à atteindre d’ici 2030, a été obtenu. Cet accord signifie qu’il serait possible d’inverser les tendances de dégradation de manière à stabiliser la quantité des sols productifs et en bonne santé à partir de 2030.

COP12 a ainsi ouvert un nouveau chapitre dans la mise en œuvre de la CNULCD sous le signe de la synergie, car l’atteinte des objectifs en matière de LDN permettrait de renforcer le potentiel de séquestration de carbone des sols et contribuerait à contenir l’élévation de la température globale moyenne. Les négociateurs se sont notamment mis d’accord sur la base scientifique de la LDN et sur des indicateurs de suivi-évaluation qui intègrent la résilience climatique des sols et la préservation de la biodiversité et, de ce fait, incarnent la synergie des trois conventions dites de Rio.

Il s’en suit que les pays africains membres de l’OSS, à l’instar des Parties à la CNULCD, sont appelés à formuler des objectifs « volontaires » pour la réalisation de la LDN selon leurs contextes spécifiques et leurs priorités. Dans un communiqué de la CNULCD, la Secrétaire exécutive de la Convention, Madame Monique Barbut, a annoncé que l’Initiative d’Ankara, dotée de 8 millions de dollars provenant d’un don de la Turquie et d’une ligne de financement du FEM/GEF, apportera l’appui nécessaire aux pays dans la définition et la réalisation des objectifs de la LDN.

Toujours selon Madame Barbut, les activités de restauration des terres devraient coûter 2 milliards de dollars par an – une somme qui pourrait être mobilisée par le fonds « Land Degradation Neutrality Fund », qui sera opérationnel fin 2016, et par les apports du secteur privé.

Cet événement parallèle (14 octobre 2015) conjoint de l’OSS et du  Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI) a permis de présenter les résultats d'une enquête sur la manière dont les nouveaux concepts posés sur la planche de travail de la CNULCD sont perçus par les intervenants dans la lutte contre la désertification dans les vingt-deux pays membres de l’Observatoire.

En préparation à la conférence, l’OSS et le CARI avaient entrepris de mener une enquête sur les concepts LDN (Land Degradation Neutrality) et CSA (Climate-Smart Agriculture) auprès des intervenants dans la lutte contre la désertification dans les 22 pays membres de l’Observatoire. Les résultats de cette enquête ont été présentés lors de l’événement parallèle [consulter le flyer].

Focalisant sur la neutralité en matière de dégradation des terres (LDN) et l’agriculture climato-intelligente (CSA), l’événement parallèle a restitué les zones d’ombres et les questionnements soulevés par l’enquête, en présence d’une soixantaine de participants.

M. Hamda Aloui (Tunisie) a notamment fait un exposé sur l’appropriation des concepts par la Tunisie, tandis que M. Omar Ouedraogo (SPONG / RESAD) a parlé de la compréhension des concepts par la Société civile. S’en est suivie une discussion modérée par M. Antoine Cornet (CSFD, France), qui a vu plusieurs interventions de la part des représentants de pays membres de l’OSS (Algérie, Mali, Sénégal, Tchad et Tunisie) et de la Commission de l’Union africaine.

Organisé par l’IRD, en partenariat avec l’OSS et le CARI, cet événement parallèle (15 octobre 2015) a permis d’approfondir la discussion sur la mise en œuvre de la LDN, en abordant les questions de durabilité et d’équité vis-à-vis des communautés concernées. Les présentations des experts de l’OSS (« La neutralité en termes de dégradation des terres : Objectifs et défis », par M. Nabil Ben Khatra) et de l’IRD (« options de mise en œuvre durable de la LDN», par Madame Maud Loireau) ont souligné la complexité et les défis liés à la mise en œuvre efficace, durable et éthique de la LDN dans l’esprit de la Convention.

Des exemples concrets, parmi lesquels figurait un projet LDN récemment mis en œuvre par l’UNCCD, ont été présentés en prélude à la discussion modérée par Madame Lindsay Stringer, Chercheur à l’Université de Leeds (Royaume-Uni). Madame Monique Barbut, Secrétaire exécutive de l’UNCCD, M. Bouafou Kouamé Guy Marcel , Directeur de l’AGRHYMET, M. Olivier Barrière (IRD) et M. Patrice Burger, Directeur du CARI ont fait partie du Panel qui a abordé la LDN sous trois angles d’analyse : le statut des terres, le degré d’implication des acteurs, notamment les communautés concernées et la question du financement des actions.

M. Simone Quatrini (CNULCD) a présenté (18 octobre 2015) l’état actuel des réflexions sur le Land Degradation Neutrality Fund à plusieurs partenaires de la Société civile et des membres d’organisations intergouvernementales. Ce fonds devrait fonctionner comme un mécanisme multilatéral conçu pour des impacts réels via des investissements mixtes (public/privé) dans le domaine de la restauration des terres. Il devrait mobiliser jusqu’à 2 milliards de dollars US en investissements annuels et promouvoir une production durable sur 12 millions d’hectares de terres réhabilitées (chaque année).

Plusieurs remarques ont été faites de la part des participants notamment sur le contrôle des projets et la gouvernance du fonds. Il a d’ailleurs été remarqué que le fonds se consacré à la réhabilitation et très peu à la réduction de la dégradation. L’intervention de l’OSS a porté sur la prise en compte du fonctionnement et des résultats (échecs et succès) d’initiatives existantes ayant une dimension PPP (partenariat public-privé).

 

Organisée autour du thème: «Comment faire de la lutte contre les changements climatiques et des Objectifs du développement durable des leviers pour la préservation des terres», la Concertation francophone de haut niveau (19 octobre 2015) a vu la participation de Madame Monique Barbut, Secrétaire exécutive de la CNULCD, M. Ibrahim Thiaw, Directeur exécutif adjoint du PNUE, M. Abdoulaye Dia, Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, M. Xavier Sticker, Chef de la délégation française et Vice-Président de l’OSS, M. Marcus Repnik, Directeur du Mécanisme Global de la convention et de M. Maxime Thibon, qui a fait un exposé au nom de l’OSS.

M. Sticker a souligné l’importance de conserver l’esprit de Rio et a considéré que l’espace francophone permettrait de déployer la synergie entre les conventions.

L’intervention M. Thibon (OSS) a mis en exergue l’appui que l’OSS peut fournit à ses pays membres dans l’élaboration et l’opérationnalisation d’outils de gestion et d’aide à la décision en matière de gestion des ressources naturelles. L’importance de l’amélioration des connaissances et la facilitation des conditions d’accès et de diffusion de ces connaissances étaient également parmi les points soulevés.

Les membres de notre délégation ont également contribué aux réunions et concertations organisées par les partenaires, notamment une présentation sur l’expérience de l’OSS dans la conception d’outils de  « suivi-évaluation » dans le cadre du projet BRICKS/SAWAP, qui a eu lieu lors de la réunion exécutive TerrAfrica (TerrAfrica executive commity meeting) organisée par la Banque Mondiale.

Le kiosque d’information de l’OSS à Ankara a présenté nos dernières publications aux visiteurs. Il était également le lieu de rencontres et d'échanges avec les partenaires et les amis de l'organisation. 

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