La mise en place d'un cadre de redevabilité : la clé du succès pour réaliser les ambitions 2030 de la GMV

08/10/2021

 

Mme Ndeye Fatou MAR
Coordinatrice du Département Terre
Observatoire du Sahara et du Sahel

 

 

La Grande Muraille Verte est une initiative panafricaine de développement et de gestion intégrée des écosystèmes. Elle promeut la restauration et la gestion durable des terres. Aujourd’hui, elle est une réalité pour des millions d’africains. Des actions concrètes sont déjà menées sur le terrain mais vu l’espoir porté sur cette vision, les attentes sont encore nombreuses. Le rapport d’évaluation élaboré en 2020, sous la coordination de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification, a clairement identifié le manque de coordination des actions dans la zone de la Grande Muraille Verte. Cela ne facilite pas la valorisation des efforts ni l’atteinte des résultats escomptés. 

L’appel lancé par les Ministres de l’Environnement de la Grande Muraille Verte à la communauté internationale en septembre 2020 et les solutions concrètes proposées lors du « One Planet Summit » en janvier 2021, ont, entre autres, favorisé la mise en place d’un accélérateur au niveau de la CNULCD afin de coordonner les efforts et de suivre les objectifs fixés autour des 5 piliers d’action suivants : 

  • Investir dans les petites et moyennes entreprises, renforcer les chaînes  de valeur des marchés locaux et organiser les exportations;
  • Consolider la  restauration des terres et la  gestion des écosystèmes;
  • Multiplier les infrastructures résilientes au climat et faciliter l’accès aux énergies renouvelables;
  • Un cadre économique et institutionnel favorable pour une gouvernance efficace, durable, stable et sécuritaire ; 
  • Un plan de renforcement des capacités. 

Plusieurs partenaires se sont ainsi engagés à associer leurs efforts autour de cette vision commune et à assurer un financement de plus de 16 milliards € pour répondre aux ambitions de 2030 de la GMV avec :

  • 100 millions d’hectares restaurés ; 
  • 250 millions de tonnes de carbone séquestré ou évité ;
  • 10 millions d’emplois créés ; 
  • 400 millions de bénéficiaires ;

Mais comment suivre ? Comment finaliser ce processus d’harmonisation des efforts ? Sur quelles bases pourra-t-on dire, en 2030, les objectifs ont été atteints ou pas ? 

L’OSS, en collaboration avec ses partenaires, met en œuvre plusieurs programmes intervenant dans la zone d’action de la Grande Muraille Verte. Ceux-ci permettent déjà à plusieurs pays de mener des actions de gestion durable des terres, de mobilisation des ressources en eau pour le développement de l’agriculture, d’adaptation aux aléas climatiques, de mise en place de systèmes d’alerte précoce mais aussi et surtout de développer des outils de suivi et évaluation des opérations sur le terrain.  

Donc, la construction d’un cadre harmonisé est une étape incontournable pour la réussite de cette ambition commune et forcément une des clés de succès. Il faut mettre en place des outils et des actions permettant de suivre les réalisations, étape par étape, et à tout niveau, avec :  

  • L’adoption d’une grille d’indicateurs harmonisée et prenant en compte les spécificités des acteurs et bailleurs tout en priorisant, le plus possible, les indicateurs à références spatiales ;
  • L’édition d’un guide commun sur la définition, la fréquence de collecte, les procédures de calcul, les normes et standards communs ;
  • La priorisation d’un système de suivi-évaluation en ligne afin de faciliter l’interaction entre les différents acteurs ;
  • L’instauration d’une animation régulière suivi-évaluation par un groupe de travail afin de maintenir une dynamique pour le rapportage selon le format adopté ; 
  • Le renforcement des capacités des fournisseurs d’information ;
  • Une orientation des différents bailleurs de fonds sur les besoins les plus urgents des producteurs d’information ;
  • L’adoption d’une démarche en réseau qui s’appuie sur le partenariat.

La mise en place d’un cadre favorable de redevabilité, d’un système efficace de suivi évaluation devrait être l’affaire de tous. Vers le chemin du succès, chaque action compte. Chaque progrès doit être valorisé. Pour cela, il serait important d’établir une compréhension commune des méthodes mais aussi et surtout un label GMV que chaque acteur s’approprie et utilise. A ce niveau, les institutions régionales Africaines ont un rôle crucial à jouer. Leurs connaissances du terrain et leurs fortes collaborations avec les différents acteurs de la zone permettent de construire sur des bases techniques et scientifiques solides et durables.