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Axe Climat

L’accord de Paris

La 21ème session de la Conférence des Parties (CoP21) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) a débouché sur l’Accord historique de Paris qui aspire à stabiliser la température mondiale « nettement en dessous » de 2°C d’ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Encore mieux, les Parties ont été encouragées à continuer à fournir des efforts supplémentaires en vue de limiter l’augmentation de la température à 1,5°C, et ce suite à la doléance des pays les plus vulnérables au Changement Climatique, et notamment les Etats insulaires menacés par l’élévation du niveau de la mer.

L’engagement commun pour un futur sobre en Carbone pris lors de la conférence de Paris sur le climat, représente une opportunité sans précédent pour l’Afrique. Le continent dispose d’énormes gisements d’énergies renouvelables et de forts potentiels de séquestration de Carbone. Il n’est plus concerné uniquement par l’adaptation mais est appelé à prendre la place qu’il mérite sur les questions liées à l’atténuation. Autant d’atouts lui permettent la mobilisation de partenaires techniques et financiers pour soutenir ses efforts dans cette voie de développement durable au profit de l’ensemble de l’humanité.

Faits et chiffres

Les changements climatiques sont aujourd’hui une réalité. Selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat  (rapport GIEC 5), la température moyenne globale (terre et océans) a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012.Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente et de toutes les autres décennies depuis 1850.

Le GIEC 5 prévoit que l’augmentation de la température à la surface du globe sera très probablement supérieure à 1,5 °C par rapport à l’époque allant de 1850 à 1900 pour tous les profils représentatifs de l’évolution de concentration des gaz à effet de serre (RCP). Il est probable qu’elle dépassera 2°C selon les scénarios RCP 6,0 et RCP 8,5, et il est plus probable qu’improbable qu’elle dépassera 2 °C selon le scenario RCP 4,5. En outre, le rapport du GIEC 5 constate que la hausse du niveau des mers est un phénomène sans équivoque. En effet, au cours de la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres en moyenne. Entre 2046 et 2065, le niveau des mers devrait augmenter de 17 centimètre dans un scénario optimiste et de 38 centimètres dans le scénario le plus pessimiste.

Selon les dernières estimations faites sur la base des engagements de réduction des émissions des gaz à effet de serre (les CPDN ou INDC en anglais), principale cause du Changement Climatique, la trajectoire du réchauffement planétaire serait proche de 3°C à l’horizon 2100. Les pays Parties de la convention ont alors convenu de la nécessité de mettre en place un cycle de révision des engagements tous les 5 ans afin de réduire ou combler l’écart entre la somme de ces engagements et les efforts nécessaires pour atteindre l’objectif des 2°C.

La région sahélo-saharienne face au changement climatique

En Afrique la production des Gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère est négligeable par rapport aux émissions à l’échelle planétaire. L’Afrique émet environ 3,8% des émissions totales des GES (Etude Banque Mondiale – juin 2013), ce qui ramène à un coefficient moyen des pays du Sahel, exprimé en téqCO2/habitant de 0,3. Ce chiffre rapporté à la moyenne africaine (1,1 tCO2/habitant) ou mondiale (5 tCO2/habitant) est tout à fait dérisoire.

L’analyse des inventaires des émissions des GES met en évidence l’importance du secteur Agriculture-Foresterie qui constitue le secteur le plus émetteur, avec des valeurs autour de 70% à 80% des émissions. Cependant, les terres arables en Afrique conservent actuellement 300 milliards de tonnes CO2 eq.

La région sahélo-saharienne, zone d’action de l’OSS, est particulièrement vulnérable au changement climatique en raison de  l’exposition de la région aux risques de sécheresse et d’inondation et aux effets de la modification des régimes de précipitations. Cette vulnérabilité est d’autant plus forte à cause de la dépendance des populations de l’agriculture pluviale et des activités pastorales. Le secteur agricole emploie plus de 70% de la population active et contribue à hauteur de 40% au produit intérieur brut (PIB) de la région.

Selon la Banque Mondiale la combinaison de la réduction des précipitations et l’augmentation des températures engendreront une expansion de 5 à 8% des terres arides d’ici 2080 (soit 60 à 90 millions d’hectares). Avec un réchauffement de 1,5 à 2 °C, les sécheresses et l’aridité accrue rendront entre 40 et 80 % des terres agricoles impropres à la culture du maïs, du millet et du sorgho à l’horizon 2030-2040. Avec 4 degrés supplémentaires, les précipitations annuelles pourraient diminuer jusqu’à 30 % en Afrique australe tandis que l’Est du continent risque de connaître, selon de multiples études, un phénomène inverse (horizon 2080).

En investissant dans les techniques de gestion durable des terres, il est possible de renforcer la résilience au changement climatique et améliorer la production alimentaire et les conditions de vie tout en réduisant au même temps  les émissions de GES, accroitre la séquestration de carbone et maintenir des stocks de carbone à la surface et dans les sols avec un coût d’intervention relativement modeste.

Ainsi la lutte contre le changement climatique et l'adaptation des communautés à ses impacts constituent une opportunité pour l’adoption de nouveaux  modes de gestion durables des ressources naturelles, qui peuvent à la fois contribuer à l'amélioration des moyens de subsistance des communautés des zones arides et augmenter la séquestration de carbone dans le sol.

L’action de l’OSS

L’étude des interactions entre les communautés, les services éco-systémiques et le climat, constitue un aspect prépondérant de la   « Stratégie 2020 » à travers laquelle l’OSS mène ses efforts pour assurer le développement, la coordination, la mise en œuvre, le suivi et l’intégration de programmes multi‐institutionnels interdisciplinaires.

Les objectifs de l’OSS dans ce domaine se déclinent comme suit : 

  1. Objectif 1 : Faciliter le partage des connaissances, expériences et informations entre les parties et les organismes concernées sur l’estimation du potentiel du carbone, la surveillance du changement climatique, l’analyse de vulnérabilité, la planification et le suivi-évaluation des mesures d’adaptation ainsi que le financement climatique
  2. Objectif 2 : Renforcer les capacités des services techniques, des populations et des ONG  locales dans la surveillance des systèmes socio-économiques, les écosystèmes, les ressources  en eau et le climat pour analyser la vulnérabilité des écosystèmes et des populations au changement climatique.
  3. Objectif 3 : Renforcer les capacités des pays membres de l’OSS en matière de quantification du potentiel de séquestration de carbone et dans d’autres domaines  liés au mécanisme REDD+ 
  4. Objectif 4: Renforcer les capacités des pays membres de l’OSS dans la planification des mesures d’adaptation au changement climatique ainsi que des mesures d’atténuation, notamment l’élaboration des PANA, PAN, INDC ; et l’établissement des systèmes de suivi-évaluation des activités d’adaptation aux changements climatiques. 
  5. Objectif 5 : Faciliter l’accès à la finance climat, particulièrement au fonds pour l’adaptation auquel l’OSS est accrédité en tant que entité de mise en œuvre régional et au fonds vert climat auquel l’OSS est en train de s’accréditer.  

 

Pour aller plus loin 

Pour consulter tous les articles concernant l’Axe Climat, cliquer sur le tag « changement climatique » 

 

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